Grandiose soirée de sélection française de l'Eurovision hier. Oui, même
animée par Julien Lerpers et Tex. Mais siiiii, Tex, le comique d'humour drôle
qui fait de la télé, qu'à côté les feintes de Guy Montagné c'est du Desproges.
Même das mes rêves les plus fous, je n'aurais jamais imaginé une troupe de
majorettes présélectionnées pour chanter du Philippe Katerine et représenter la
France à l'étranger. Bon, elles n'ont pas passé ce niveau-là, mais ça n'est pas
si grave :p
J'avais un peu peur de cette présélection, d'ailleurs : après le succès
surprise des clowns de Lordi l'an passé, je craignais une surenchère au niveau
du ridicule et du pseudo-décalé uniquement pour se faire remarquer. Là, on voit
que le comité de sélection commence enfin à réfléchir un peu à un semblant de
stratégie pour faire impression sur les autres pays, et pas uniquement flatter
l'égo de compositeurs peu inspirés mais désireux de placer une de leurs
merdouilles dans un concours international (et je ne dis pas ça pour Obispo ou
Corneille, hein, pas du tout du t... ah, si). D'où une présélection assez
éclectique, tenant compte de la victoire 2006 tout en voulant séduire le public
de votants grâce à un *koff koff* subtil mélange des genres.
En gros, ça donne :
Un troupeau de majorettes belges qui chantent (faux, mais faux) "Papa est
mort", qui est une réflexion de Philippe Katerine sur la mort du dictateur
Augusto Pinochet et non pas une suite destroy du "Maman a tort" de Mylène F.
Chorégraphie à côté de la plaque, élégance et maintien davantage digne de la
Kermesse de la Bière de Maubeuge que d'un concours international :
j'adooooooooooooooore, bien sûr. Elles ont eu le malheur de passer en tout
début d'émission, donc aucune chance d'être choisies, ni même qu'on se
souviennent d'elles une semaine plus tard. D'ailleurs, l'ordre de passage a
joué un rôle crucial, on devinait clairement les préférences du comité de
sélection : alternance bien sage et ordonnée de candidats décalés, de
chanteurs à portée "ethnique", et de cruchasses Eurovision basiques de base qui
singeaient les modes musicales d'il y a cinq ans. Et le fait que la "filleule"
de Bruel, qui a fait la première partie de Fiori (une sorte de croisement
génétique entre Lorie pour la blonde attitude, Karen Cheryl pour le sourire et
la voix, et une endive pour la vivacité du regard) passe en tout dernier, juste
avant le vote, est certainement le fruit du hasard (entre autres, hein).
Il y a eu également les Wampas, excellents comme d'habitude, mais qui,
objectivement, n'auraient eu aucune chance de gagner au concours final. Pour le
coup, les Fatals Picards (ce sont eux qui iront en finale) ont joué plus
"finement" (si l'on peut dire), en invoquant les clichés touristiques sur la
France pour plaire aux non-francophones, avec un accent anglais de bazar pour
faire rire les francophones, mais en incluant des paroles anglaises, le tout
n'étant qu'une suite de lieux communs, comme dans toute bonne chanson de
l'Eurovision digne de ce nom (celles de Gainsbourg exceptées). Et sur une
mélodie entraînante et facile à retenir. C'est plus second degré que réellement
kitsch, tout en étant un peu en-dessous du délire de certains de leurs titres
habituels, grand public oblige. Mais, pour une fois, je pense que la majeure
partie des téléspectateurs du concours ne profiteront pas du passage de la
France pour faire une pause pipi.
Tout le reste, en gros, c'était un peu de la crotte. Mention spéciale, tout
de même, à la fausse Lorie Cheryl mentionnée plus haut, qu'on aurait dit sortie
tout droit d'une parade Disneyland Paris (au moins, elle a une porte de sortie
après sa défaite, c'est déjà ça). Et à la fausse rockeuse en robe blanche, un
grand moment de rire nerveux.
Résumé en video ici : http://www.youtube.com/watch?v=tknL_Et8jTg