"De ce paradoxe..."
Par Lewis Scarole le mardi 19 décembre 2006, 20:42 - MOIIIIII ! - Lien permanent
(...) Lewis et moi avons passé nos enfances et adolescences dans des milieux si culturellement isolés que nous nourissons à la fois une nostalgie pour le pire auquel nous étions exposés et pour l'élite dont nous étions frustrés. (...)
J'ai souvent repensé à cette définition, extraite d'une conversation du dernier Paris-Carnet. Cet éclectisme m'a longtemps posé problème : de quoi s'agissait-il ? Curiosité ? Dispersion (spersion) ? Insatisfaction ? Ca ne s'appliquait pas qu'aux choix musicaux, d'ailleurs : vie professionnelle, orientation scolaire, attitudes sociales, loisirs, pratique artistique... Partout j'avais l'impression d'être le cul entre deux chaises.
Ca me fait penser à un des arguments récurents de la récente vague d'interviews de la mère Fontaine au sujet de son dernier album (l'avantage avec Bri-Bri, c'est qu'elle répète toujours les mêmes choses en interviews, un peu comme Sheila, finalement...) : réconcilier les extrêmes et réunir les contraires. Au cours de ma modeste carrière de blogueur ou de forumtesteur (Post 60, rest in peace), j'ai parfois eu l'impression d'utiliser l'absurde par facilité, puisque c'était la seule chose qui me venait à l'esprit, la seule perception de la vie qui m'interpelait. Je me souviens qu'au lycée, on m'avait plusieurs fois demandé, le plus sérieusement du monde, quelles substances illicites je prenais pour écrire d'un jet les conneries qui m'aidaient à patienter en cours. Mais l'absurde pour l'absurde ne m'a jamais vraiment intéressé. C'est toute la différence entre les Monty Python et... je sais pas moi, Omar et Fred ? Pour paraphraser Desproges, j'adore le non-sens, y a plus que ça qui m'excite.
Mettre côte à côte Leonard Cohen et Chantal Goya sur un même CD me parait aussi naturel que de citer CLAMP dans une explication de texte sur La Cerisaie de Tchekov (véridique ^^). Ami otaku, sauras-tu deviner pourquoi (non, ça n'est pas à cause de la tour de Tokyo) ? Finalement, j'apprends à vivre avec...
Mon naturel peu prolixe m'a parfois desservi, mais je ne peux pas nier une chose évidente : la sélection d'entourage qui en découle fait que je ne converse, ni ne me lie jamais avec n'importe qui (au sens figuré usuel comme au sens "web-ien" du terme). Et souvent, je trouve dans les paroles des autres un éclairage très juste des choses qui me taraudent, ou sur lesquelles j'ai un peu trop tendance à me prendre la tête.
Ce à quoi on peut me répondre que c'est un peu une des caractéristiques de base de la communication avec les Autres, certes. J'arrête, sinon je vais encore me mettre à réciter les deux derniers épisodes d'Evangelion :p.


