... 2ème téléfilm de l'après-midi sur M6. Il y a vraiment des gens qui regardent ça ? Ah, mais oui, les ménagères, les retraités, et les chômistes.

Je m'ennuie. J'ose pas lire tout de suite les trois mangas que je me suis offerts samedi, parce que je sais qu'après je ne pourrai pas en lire avant un mois, sauf si j'en trouve en occase. Mais au fond, je sais bien que je ne m'autorise pas à décompresser, et que je culpabilise toujours autant d'être inactif. Mon chômage se termine dans 4 mois, et je ne trouve rien. Le traditionnel retour des offres d'emploi à la rentrée, je l'attends encore. Mes candidatures spontannées ne donnent rien. Au moins, je reçois des réponses aux offres auxquelles je réponds. Négatives, mais bon. 3 mois après, mais bon. Qui commencent toutes par "Madame, monsieur, nous avons étudié votre profil avec la plus grande attention, mais". Si bosser à la DRH ou être responsable du recrutement se limite à faire des copier-collers, je vais faire ça comme formation, y a pas de raisons. Je n'arrive pas à écrire. J'ai commencé un travail en groupe pour essayer de mettre un peu d'ordre dans ma caboche, mais je doute encore. Il n'y a qu'une seule chose qui puisse me remettre à l'endroit, c'est du boulot, et j'en ai pas. Les débuts de semaine sont de plus en plus durs. Je me force à me lever tôt, en me disant que comme ça j'ai toute la journée devant moi, mais en fait une fois la prospection d'offres faites, bin... rien. Je n'arrive pas à écrire chez moi, mais dès que je sors je pense "fric". Fait plus assez beau pour se balader, et je peux pas passer ma vie dans les cafés. Quant aux expos, une fois de plus je n'ose pas y aller. Tout ces talents, c'est indécent. Ces gens dans la rue qui rient, qui sont ensemble, qui vivent, j'en suis presque jaloux. Et puis toujours ma vieille angoisse qui me pousse à croire que pour chaque moment de détente ou de plaisir, il y a une merde qui tombe juste après. Je n'aime pas les lendemains de fête, j'ai toujours peur du retour de boomerang.

Bon, on se remet au boulot. Je tente de m'inscrire sur tous les sites de travail temporaire que je trouve. Pas facile quand on ne trouve ni son métier ni sa spécialité dans les liste des critères. Par contre, la lettre de motivation, ça, je maîtrise. Et puis, de toute façon, je me suis créé des modèles tout faits moi aussi. Y a pas de raison. Si j'étais vraiment maniaque, je les signerais "Madame MONSIEUR" pour être raccord avec les futurs courriers-types de refus. Des fois je me dis que je devrais aller taper un scandale à l'ANPE pour m'avoir poussé à faire un "Objectif Projet Bilan Machin' complètement inutile et qui a bouffé trois mois, au cours desquels j'aurais pu suivre une formation un peu plus utile. Mais j'en serais incapable. Leur inertie me plombe complètement. Au dernier rendez-vous, j'ai presque dû expliquer à la conseillère le fonctionnement de la recherche d'offres sur son site, alors...

Il y a deux jours, on m'a demandé pourquoi toutes ces portes se fermaient devant moi. Je ne m'attendais pas à cette question de manière aussi abrupte, et d'ailleurs je n'ai pas su répondre. Ca n'est pas que le boulot, c'est plein de choses qui m'échappent de plus en plus. "Excuse me, your life is waiting", oui, je veux bien, mais où ?

Mon problème majeur, c'est que mon enthousiasme retombe très vite. Je ne sais pas être constant. J'ai l'impression de ne pas être complètement ancré dans ma vraie vie. C'était déjà vrai avant, mais là c'est flagrant.

(à suivre)